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Le nouveau pape François, ou ex cardinal Jorge Mario Bergoglio est arrivé. En soi, pour les croyants, je pense que c’est une bonne nouvelle, pour moi, je dois l’avouer, je m’en tamponne le coquillard sur un poêle à marrons [1].
D’autant que venant d’Argentine, les casseroles ne mettent pas longtemps à remonter... Preuve de cette photo très embarrassante, malgré tout...

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Celui qui reçoit l’hostie, corps de Jésus, et qui permet donc de communier avec l’ensemble de la communauté catholique, c’est Jorge Rafael Videla. Général et homme politique argentin, il dirigea l’Argentine et la guerre sale, après le coup d’État militaire du 24 mars 1976 qui destitua Isabel Perón. En 1981, il céda la présidence de la junte au général Roberto Eduardo Viola. Condamné à vie, amnistié puis il fut recondamné à vie.

De 1976 à 1983, il faut le dictateur de l’Argentine et l’acteur de la guerre sale.

Alors, oui, c’est simple de ma part de taper sur le nouveau pape dans son ancienne fonction. Avait il le choix ? Pouvait il faire autrement ? Peut être peut être pas. Sauf qu’on le présente comme le gentil cardinal qui a refusé les ors des palais des cardinaux à Buenos Aires pour un modeste appartement plus simple, pour se rapprocher des pauvres. On oublie peut être de préciser ces positions (ou absences de position) sur la dictature argentine.

L’église, paradoxalement, a été un acteur central dans la dictature. Non pas forcément en tant qu’acteur participant, mais comme prétexte.

Le putsch avait été soutenu par l’Église catholique, tandis que la junte reprenait la rhétorique national-catholique de la « Révolution argentine », entrelaçant les thèmes du rétablissement de l’ordre moral chrétien et de la défense de la « civilisation occidentale chrétienne » avec l’anti-communisme. Les secteurs les plus extrémistes de l’armée se reconnaissaient dans la revue intégriste et anti-sémite Cabildo ; les forces armées en général ont été influencées par le catholicisme intégriste développé par « des groupes et des individus tels que la Cité catholique, Jean Ousset, Carlos Sacheri, Jordán Bruno Genta, l’abbé Julio Meinvielle ou la Congrégation des coopérateurs paroissiaux du Christ-roi. »

Même si jusqu’à présent, l’Eglise s’est refusé à reconnaître son rôle dans la légitimation de la dictature et des crimes commis par celle-ci. À l’issue de la condamnation, en octobre 2007, du prêtre Christian von Wernich, accusé d’avoir activement participé aux interrogatoires au cours desquels la torture était employée, le cardinal Jorge Bergoglio a ainsi déclaré « si un membre quelconque de l’Eglise avait cautionné, par recommandation ou par complicité, la répression violente, il aurait agi sous sa responsabilité, pêchant ainsi gravement contre Dieu, l’humanité et sa conscience ». Le père Ruben Capitanio, lui-même victime de la dictature, a été l’un des rares à avouer la responsabilité de la hiérarchie ecclésiastique.

Quand on lis cela, je pense que les dictateurs de tout poil doivent avoir les miquettes de l’église !

Quant à l’ouverture d’esprit, qui n’est pas forcément la meilleure qualité des jésuites, mon ami Ydikoi rappelle quelques vérités sur sa position sur le mariage homosexuel, débat du moment chez nous...

"L’Église a mené une campagne extrêmement violente contre cette loi, confirme à france24.com Marine de la Moisonnière, journaliste française installée à Buenos Aires. Beaucoup d’Argentins ont été choqués. Le cardinal de Buenos Aires, Jorge Bergoglio, a par exemple qualifié l’homosexualité de ‘démon infiltré dans les âmes’", explique celle-ci.

Là encore, ce n’est pas demain que l’église va se mettre au diapason des réalités sociales de nos pays. Et quand je dis "nos pays", je ne parle pas de notre "occident décadent" [2], mais y compris du pays de provenance du nouveau pape...

Notes

[1Expression familiale maternelle

[2Jugement porté par d’autres, pas par moi

1 Message

  • Selon la base photo de l’Agence France-Presse, le cliché a été pris le 12 décembre 1990.
    Or selon la biographie officielle de Jorge Bergoglio publiée par le Vatican, ce dernier est depuis 1986 directeur spirituel et confesseur dans la ville de Cordoba, située à près de 700 km de Buenos Aires. Il ne deviendra archevêque de Buenos Aires qu’en 1992 après sa nomination par le pape Jean Paul II. Le doute est donc plus que permis.
    Ce qui n’enlève pas grand chose au fait que l’église n’a pas reconnu son silence assourdissant...
    Article du blog Bigbrowser...

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