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L’article rédigé sur Pouria Amirshahi et publié il y a quelques jours, m’a permis de remettre le nez dans les événements de la vie étudiante... Et de ses réformes...

Tout est parti du projet de Alain Devaquet, sous le gouvernement Chirac en 1986. Les 4 points essentiels à combattre dans le projet étaient :

  • Sélection à l’entrée de l’université et entre les cycles ;
  • Hausse des droits d’inscription ;
  • Fin des diplômes nationaux ;
  • Développement des inégalités et concurrence entre les universités.

Ce qui est surprenant, c’est que 25 ans après, dont une partie sous des gouvernements socialistes (ou pluriel), plusieurs des points ont été finalement mis en place...

« Formations nécessitant une préinscription avec étude d’un dossier de candidature », explique l’université d’Avignon pour l’accès à quatre de ses licences. « Baccalauréat scientifique requis », pose Paris 7 pour sa licence de chimie. L’Université française procéderait-elle à une sélection qui ne dirait pas son nom ? Une évidence. Question : faut-il s’en émouvoir ? L’Unef épingle cette année 33 établissements qui pratiquent « une sélection illégale », soit six établissements de plus qu’en 2013, année où le syndicat étudiant a choisi de se pencher sur cette question dans l’air du temps. Le Figaro du 16/07/14

Difficultés d’accès, diplômes spécifiques requis, soucis d’équivalence, ... Des obstacles qui portent bien le nom de "Sélection à l’entrée de l’université et entre les cycles".

L’Université Paris-Dauphine a entériné ce mardi un projet de hausse jusqu’à 41 % de ses frais d’inscription pour les hauts revenus. Le Figaro du 04/03/14

Il faut penser 2 deux aspects directement liés aux frais d’inscription. Le premier est la barrière immédiate de la "somme à payer", qui peut repousser les lycéens des classes les moins aisées. Sachant que les bacheliers issus de classes sociales privilégiées (cadres et professions libérales), qui représentent 15 % des emplois, occupent plus de 30 % des bancs universitaires et 48 % de ceux des écoles d’ingénieurs (Observatoire des inégalités - 2008). Mais il faut également penser à la pression que posent des frais d’inscription élevés. En effet, des frais élevés obligent à un retour attendu sur l’investissement produit et donc à une rationalisation de l’enseignement, éloigné des principes d’éveil des connaissances et de la citoyenneté, d’investissement dans la vie de l’université.
Les frais d’inscription doivent être fixés nationalement et doivent rester modérés.

La fin des diplômes nationaux signifie que selon d’où vous venez d’obtenir votre diplôme, sa "valeur" sur le marché est plus ou moins grande... Si l’étudiant obtient un master II dans une université de province, il peut ne pas avoir la même reconnaissance que si il l’avait obtenu dans une université francilienne. Selon vous, est ce le cas ?

Dans le sillage, l’autonomie des universités voulue à droite et à gauche a conduit tranquillement au développement des inégalités et concurrence entre les universités, entre filières (plus ou moins rentables en terme d’insertion, voir mes propos ci dessus), entre lieux de formation plus ou moins prestigieux, sans compter l’émergence des dernières années des écoles de commerce et écoles de référence.

En 1986, le contexte était celui du retour de la droite dure au pouvoir, largement gonflée de libéralisme tatchérien, Chirac premier ministre, n’avait pas fait sa révolution et était fasciné par Margaret Tatcher. Libéralisme, dérégulation, autonomie, individu étaient les maîtres mots portés par les Alain Madelin, François Léotard et autres Gérard Longuet, Hervé Novelli et Patrick Devedjian, petits barons de l’UDF et du RPR, passés par Occident, groupuscule d’extrême droite [1].
Le contexte est donc celui des rapports tendus et conflictuels entre la gauche et la droite, l’extrême gauche et l’extrême droite. Cette dernière n’est pas encore banalisée et "politiquement acceptée" par la majorité des Français.
C’est en 86 aussi que sera tué Malik Oussekine, jeune étudiant franco-algérien de l’École supérieure des professions immobilières de 22 ans, tué par les "voltigeurs", corps de nettoyage du ministre de l’Intérieur Charles Pasqua et du ministre délégué chargé de la Sécurité Robert Pandraud.

Comment, après 25 ans, a t on pu en arriver là ? Malik serait il mort pour rien ?

Pour nostalgie...


Notes

[1En novembre 1965, Patrick Devedjian et Alain Madelin sont condamnés par le tribunal correctionnel de Draguignan à un an de prison avec sursis et trois ans de mise à l’épreuve pour vol et détention d’armes. Le 12 juillet 1967, il est condamné, avec douze autres militants d’extrême droite, pour « violences et voies de fait avec armes et préméditation. »

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