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Les mots sont les véhicules de l’esprit et notre cerveau ne les choisit jamais au hasard. Et des expressions deviennent si courantes qu’on n’y prêtent plus attention, au point d’être très détachées des origines... Souvent désagréables, discriminantes, abaissantes, ...

Et cela rejoint souvent les minorités et souvent lié à une "conception" de la normalité sexuelle : les filles, les homosexuel(le)s, ... On n’y prête pas attention et pourtant.

Je fais attention, mais pourtant des expressions ou mots sortent... Et je me mords la langue juste après en me disant "Mais pourquoi tu as dis cela alors que cela va à l’encontre de ce que tu veux !?"... Genre tout bête : "Enculé". Certes, c’est un gros mot, mais il passe dans la discussion. C’est même une plaisanterie quand on veut imiter les gens du sud qui le diraient à la fin de chaque phrase. Ceci étant, au delà de l’insulte, le mot "enculé" fait avant tout référence à la désignation d’une personne pratiquant la sodomie passive [1]. Et cela renvoie à la femme (par nature...) ou à l’homosexuel masculin. Et donc soit la soumission (de la femme, par la position physique adoptée) soit à un rapport supposé non viril... Donc dire "enculé", ce n’est pas utilisé une image valorisante pour celles et ceux qui pratiqueraient... Et pourtant, selon les propos des femmes recueillis dans les enquêtes (Entre autres, américaines), en 1992, 16% des femmes âgées de 18 à 24 ans déclaraient avoir essayé la sodomie. En 2010, 20 % des 18-19 ans affirment l’avoir fait, 40% pour les 20-24 ans. En 1992, toutes tranches d’âge confondues, 33% des femmes avaient déjà pratiqué le sexe anal. En 2002, 35%, et en 2010, elles sont 46%. Alors, bande d’hypocrites ! :-)

Autre exemple, "va te faire foutre"... Expression qui veut dire que la personne doit dégager rapidement et sans demander quoi que ce soit. Or, "aller se faire foutre" veut dire, dans le texte, d’aller se faire pénétrer ! Au sens propre l’expression signifie « aller pratiquer la sodomie passive » (du moins pour un homme) ; elle est donc essentiellement utilisée de manière injurieuse en raison du regard concernant l’homosexualité. Encore !

Autre exemple sur l’homosexualité, "jouer comme une tapette", qui aura une déclinaison "jouer comme une gonzesse", élément de transition avec mon exemple suivant. Une "tapette" est une "folle", une personne masculine qui aura des comportements un peu excentrique, maniéré, féminisé, qui ne fera pas penser à une homme viril, dans sa représentation de "mâle" dominant, mais plus comme une "femme ratée" ou un "homme raté". Le terme est très violent symboliquement car dans tous les cas, la "tapette" est un hybride.

Enfin, "faire comme une fille"... Que veut bien dire cette expression ? Tu joues comme une fille, tu tapes comme une fille, tu t’habilles comme une fille, tu te comportes comme une fille, ... Forcément adressé à un jeune homme, on ressent la honte pour celui qui utilise l’expression, de se retrouver en face d’un "mâle" qui n’atteint pas les supposés objectifs que les "mâles" doivent atteindre par nature ! Et comme ils ne sont pas atteint, cela ne peut être un "mâle" et donc c’est une femelle. Ou tout comme...
Et où la domination masculine est très forte et ancrée, c’est que les filles ont bien intégré cette culture de la "femme en dessous de l’homme". Etre une fille / femme, c’est forcément faire moins bien que l’homme... Des preuves ?

Cette pub est donc pour "always", produits intimes des femmes. Elles (dé)montrent l’intériorisation culturelle de la soumission des femmes, et donc les efforts nécessaires pour sortir de ces stéréotypes. On voit avec les plus jeunes filles qu’elles réalisent les gestes de façon "normale". Ce sont les plus grandes qui trahissent leurs gestes. La pub est une pub, elle est montée et mise en scène, mais elle permet la réflexion.

Car que veut dire "taper comme une fille" ?

Moi, je fais pas cela, pourtant je suis un homme, poilu et musclé (un peu, si).

Par définition, l’insulte est faite pour rabaisser l’autre, sinon, ce n’est pas insultant. Mais il n’y pas que l’insulte qui fait référence à des comportements que le progressiste que je suis, veut remettre à leurs bonnes places. C’est aussi pour cela que je parle de sexe, de sexisme et autres choses autour de ce rapport, pas que physique, entre des humains.
Ceci prend d’autant plus de sens que les questions d’égalité des sexes, de choix sexuels et de respect de l’autre sont mis à mal dans leur conception progressiste depuis les épisodes nauséabonds du mariage pour tous (et de la remontée des propos sexistes, claniques, traditionnels, ...) et l’abandon (Même si le Gouvernement dit le contraire) de l’apprentissage à l’école de l’égalité entre les sexes.

Notes

[1Donc celui qui se fait pénétrer en clair

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