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Jeudi 23 juin, 4ième mois de mobilisation, 10ième manif nationale des opposants à la Loi pour de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs-ves (2016) dite "Loi travail" ou "Loi El Khomri". Ce jour là, je serai à Paris pour un comité de gestion de la Fondation Mutuelle des Motards, calé depuis des mois sur les agendas. Je rejoins Alain Borie à Montparnasse, nous prenons le bus et arrivons rue de Lyon. Nous rejoignons deux autres comparses pour manger et commencer à discuter. Il faut chaud. Très chaud. Très très chaud. Lourd. Les terrasses sont pleines, les fenêtres grandes ouvertes.

Et il y a plein de CRS en tenue. Les camions commencent à être nombreux autour de notre restaurant. Et par conséquent de l’agence Mutuelle des Motards dans laquelle nous allons faire notre réunion à 14h00.

Beaucoup de camions, beaucoup de gardes mobiles en tenue qui contrôlent les passants, beaucoup de policiers en moto... Tout ce petit monde tourne sur le carrefour, s’agite, contrôle, surveille,... Tout d’un coup, on voit arriver un camion "canon à eau". On se dit qu’il revient de la manif. Mais il stationne à proximité...

Des bruits viennent de la rue, des manifestants scandent des propos contre le Gouvernement, on voit des drapeaux Solidaires dans un groupe d’une vingtaine de militants criant dans une direction opposée à nous. Et tout d’un coup, on entend un mouvement de foule, des personnes rentrent dans le restaurant en pleurant. Visiblement, des gaz lacrymogènes ont été utilisés. N’ayant rien vu, je ne m’aventurerais pas à commenter. Le groupe de militants reprend de plus bel ses slogans.

Il est l’heure d’y aller. Nous nous levons et sortons... Aie... Nous devons passer le groupe de "crieurs" et surtout, traverser l’objet de leur courroux [1]... Un cordon de gardes mobiles d’une dizaine de personnes, en tenue, droit comme des poteaux, impassibles, les mains sur les outils (bombes lacrymogènes, matraques, ...). Nous avançons. Patrick (Cazaux) avance devant moi. Un garde mobile lui parle et Patrick passe. Le garde mobile me demande où je vais, je lui réponds que je vais au bureau de la Mutuelle, là, 10m plus loin.


Sur la photo, dans le coin en haut à droite, c’est la terrasse du restaurant duquel nous sortions.

Mon interlocuteur bleu marine continue à me barrer la route et me demande :

  • "Qu’est ce que vous allez y faire ?"
  • "Travailler"
    Sur un ton autoritaire et supérieur, il me lance "Ne le prenez pas comme cela, hein, vous devez vous présenter, c’est comme ça, c’est tout !"
    Sur ce, dans un élan de courage ou d’inconscience [2], je lui réponds que je lui parle sur le même ton que lui et qu’il me doit aussi le respect.
    Il me dit de circuler.

Je fais les 10m me séparant de l’agence AMDM, je vois Philippe Leizé passer sans soucis, en me suivant. Là, je me dis que le costard aide vachement avec les bleus.
Je rentre dans l’agence, passablement énervé de ma discussion.

Durant 2h, le groupe de militants scandera des slogans dans un mégaphone, les policiers ne bougeront pas.

Mais de temps en temps, on allait voir ce qui se passait et on sentait bien que la moindre étincelle aurait mis le feu aux poudres.

Moment de tension (je ne parle pas de moi) ordinaire dans une France gouverné par des autoritaires aux abois...

Qui a dit que la violence est l’arme des faibles ? Cette violence sociale contenue dans la loi "travail" se retrouve dans la rue...

Notes

[1Qui a dit "coucou" !?

[2Le gars est armé, cuirassé, probablement énervé par la foule...

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