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A la radio ce matin, on apprenait que l’hebdo Marianne était en cessation de paiement, en attendant son redressement judiciaire. Cela fait écho aux difficultés que connait "les éditions de la FFMC" depuis plusieurs mois, faisant elles mêmes suite à des difficultés depuis plusieurs années. Comme la presse papier en général !

Repartagé par plusieurs membres du BN de la FFMC, un texte d’un des journalistes de Moto Magazine... L’un des "13 licenciés" de l’année 2017, PXXX GXXXX [1] interpelle les motards sur les habitudes de lectures et les questionne sur l’achat annuel d’un numéro et d’un HS (Soit 4,90 euros selon lui) qui aurait sauvé les emplois. Il l’exprime avec clarté, argument, sans colère ou tristesse, c’est un beau texte, à la hauteur de ce que pouvait être un journaliste.

Ce texte est simple et permet de poser l’une des difficultés (non encore résolue) de la presse papier ; la préférence au web des lecteurs de leurs journaux. Et je ne parle pas de concurrence du web, car là n’est pas le problème. Le vrai problème est celui de l’absence (ou de recul si l’on est optimisme) de la volonté des lecteurs d’avoir des articles de qualité, rédigés avec conscience et technicités. Pas le "ragot de Madame Michu" ou le "post du blogueur du coin"... Même si l’avis des internautes est important et qu’il ne faut pas revenir en arrière avec des journalistes déconnectés du terrain et des lecteurs, il faut repositionner le journaliste comme un professionnel de la pédagogie et de l’information.
C’est d’ailleurs le même argumentaire qu’on peut trouver avec les journaux gratuits, spécialistes du pré-mâché, pré-digéré, pseudo-objectifs [2],...

Internaute professionnel vu mon métier, je reste attaché à des publications papier et je suis encore abonné à des magazines (Politis, Linux pratique en ce moment). Et c’est toujours un vrai plaisir de lire Le Monde en papier (quand j’ai le temps). J’y trouve un travail de fond, argumenté, structuré, réfléchi et pas seulement pré-mâché comme les journaux gratuits qu’on peut proposer à la descente des tramways ou métros.

Il faut que le citoyen sache ce qu’il veut car il ne peut être schizophrène et demander tout et son contraire ; il ne peut pas demander à avoir une information juste, précise sans pour cela faire l’effort de soutenir cette presse.
Se pose ensuite la question des lignes éditoriales... Et c’est un peu comme les syndicats professionnels (Hein ?)... Les Français disent qu’ils ne se syndiquent pas car ils ne sont pas d’accord avec tout ce que porte tel ou tel syndicat... Ou parti politique... Bah... Forcément ! Puisque les lignes syndicales ou politiques sont les fruits de discussions, échanges, débats, votes COLLECTIFS ! Ils ne peuvent en aucun cas être conformes à l’esprit d’UNE seule personne... C’est une lapalissade ! La seule personne qui pense à 100% comme moi, c’est moi, que moi et exclusivement moi. La démarche est justement de lire (ou écouter) des avis proches, très proches ou au contraire éloignés pour parfaire son idée et son argumentaire. Et peut être évoluer... Ce n’est pas parce que je suis à la CGT que je suis d’accord avec 100% de ce qu’elle avance et décide. Normal !

Pour la presse, c’est pareil. Je ne lis pas le journal pour retrouver exactement ce que je pense ou sais déjà, ce serait idiot et économiquement stupide. Je lis pour conforter mon idée, explorer des pistes nouvelles ou au contraire mieux connaître mes adversaires...

Sauf que ceci relève d’une démarche intellectuelle [3], ouverte et curieuse. Et donc nécessitant un effort... Et à l’heure du pré-mâché, de la junk-news (L’info rapide à digérer) et du "temps de cerveau disponible pour la pub de TF1", il est évident que la presse traditionnelle ne peut que disparaître. On ne peut que s’attrister et être en colère de la casse sociale que cela engendre, mais les solutions lui appartiennent. Marianne, je l’ai lu et j’ai même été abonné. Pour son ton impertinent, sa ligne un peu rebrousse-poils, ses dossiers de fond et actus brèves, j’y trouvais mon compte. Et puis, le mag a changé de ligne, s’est recentré,... La qualité des journalistes était toujours là, mais le lecteur de gauche ne s’y retrouvait plus.

Le web doit être complémentaire du papier si possible, mais les journalistes ont surtout une révolution culturelle à faire ; intégrer le web, intégrer les nouvelles attentes des lecteurs (qui papillonnent, qui n’attendent plus le messie, qui savent croiser l’info et qui demandent à ne pas être pris pour des ploucs). Ce n’est pas facile, ce n’est pas évident, cela nécessite du temps que malheureusement, certains n’ont plus.

Pour conclure, j’ai une pensée sincère pour les salariés des éditions de la FFMC. Copains pour certains, mais surtout proches dans les idées, je regrette de ne pas avoir fait plus (Le pouvais-je malgré les différentes responsabilités ?) pour infléchir le cours de l’histoire qui était inéluctable. J’ai alerté, je me suis engueulé avec certains, j’ai tiré et fait tirer l’alarme depuis 10 ans que j’ai des responsabilités dans ce mouvement. Aucun dédouanement, mais juste un sentiment de grand gâchis...

Notes

[1Qui se présente comme "journaliste licencié, sociétaire assuré et membre fondateur de la Mutuelle des Motards, abonné payant à Moto Magazine depuis ses débuts"

[2Lisez Direct-Soir ou Direct-Matin, appartenant à Bolloré, vous comprendrez

[3Je ne dis pas que j’en suis un, je dis que la démarche l’est !

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