mardi, 29 septembre 2020|

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"There is no alternative" ? Non, T.I.A.A. !


"There is no alternative"... C’est cette anathème qu’un jour, Margaret Tatcher a asséné à la face du monde. "TINA", "il n’y a pas de solution alternative", sonnera comme le drapeau rouge pour bon nombre d’alter-quelque chose, mais surtout ceux qui pensent justement qu’à toute chose, il y a une alternative, une deuxième choix. On pourrait aisément le remplacer maintenant par "il n’y pas de plan B".

Et pourtant, pour tout démocrate, pour tout Républicain, pour tout citoyen, il doit y avoir une alternative.
Je revendique mon droit à trouver une alternative et à pouvoir l’utiliser. Exemples...

Cet envie de billet, je l’ai eu en suivant la formation "Finances" de Campus, formation que j’effectue dans le cadre de mon mandat à la Mutuelle des Motards. Charles Kalfon était notre formateur sur la finance. Il nous expliquait savamment les placements que les assureurs pouvaient faire, et surtout, comment les administrateurs élus pouvaient contrôler les informations que la structure technique leur donnait. Il nous expliquait aussi les marchés à risques, les placements boursiers, les trucs et les machins du second marché...

J’ai donc posé la question de placement un peu plus éthique, moins "business", moins destructeurs pour l’économie. Le revers de manche fut cinglant en marmonnant que cela ne fonctionnait pas. Je n’avais pas la même vision des choses, mais tant pis. La Mutuelle des Motards a pourtant une partie majoritaire de son portefeuille en placement éthique et cela lui a permis d’amortir les effets de la crise. Petite mutuelle, certes, mais le résultat est là.
Alternative : on peut utiliser l’argent comme un outil et non une finalité. On peut permettre à des entreprises de placer de l’argent sans pour cela cautionner ce système financier dont plus personne ne comprends comment il fonctionne et qui détruit beaucoup de personnes et de ressources.

Continuons... Cette année, j’ai eu le plaisir d’être l’un des invités de la table ronde de la soirée de lancement du Mois de l’économie sociale et solidaire ! Aux côtés de Benoit Hamon et de deux autres invités, j’ai parlé de l’emploi dans l’économie sociale et solidaire. Et ensuite, j’ai été interviewé. L’axe était que je devais expliquer pourquoi l’ESS convenait à tout le monde. Parce que c’est une ALTERNATIVE ! Alternative à un modèle économique dominant, à un mode de consommation anglo-saxon et surtout une modèle de management différent puisqu’il ne met pas en contradiction des 4 parties prenantes classiques de l’entreprise (salariés, investisseurs, fournisseurs, clients). Acheter dans une SCOP, c’est permettre le maintien d’une économie localisée et le développement d’entreprises dont les salariés sont les propriétaires. Manger bio, c’est permettre de protéger les ressources naturelles, entreprendre en coopérative d’activités et d’emploi, c’est maintenir la protection sociale collective dans une entreprise partagée !

Alternative : On peut consommer, entreprendre, produire, travailler dans l’économie sociale et solidaire, sans être un bolchevique [1]. On peut partager la plus value et le pouvoir de façon égale, sans que cela ne repose sur la propriété individuelle et la finalité lucrative. On peut penser gouvernance collective des entreprises en s’appuyant sur l’intelligence des parties prenantes, au premier rang desquels les bénéficiaires. Cela s’appelle l’ECONOMIE SOCIALE !

Dans la même veine, il existe plusieurs manières pour qu’une entreprise continue d’exercer après le départ de son créateur ou après une vente par la maison mère. La transformation en SCOP, c’est à dire la reprise par les salariés eux mêmes (et pas que les cadres !!) des moyens de production, est une alternative à la disparition d’un outil de production et à la mise sur le carreau des salariés. Des exemples ? , ou encore  ! Camarades salariés, vous pouvez devenir les maitres de vos destins et cesser de craindre la perte de votre emploi.
Alternative : On doit faciliter la reprise d’entreprise en SCOP. et permettre que toutes les filières de formation puissent avoir une information sur ce statut. Les plombiers, les comptables, les dessinateurs industriels ou les tourneurs fraiseurs doivent savoir qu’on peut entreprendre autrement !

On peut faire du marketing intelligent ! Oui, bien souvent, cette activité est mal vue, très libérale, pour nous faire acheter n’importe quoi, ou nous vendre un truc couplé à un autre. Sauf que là encore, on peut faire intelligent...
Vous avez tous vu des pubs vous expliquant que si vous venez chez la mutuelle TRUC ou l’entreprise MACHIN, vous aurez un mois gratuit, un porte clé ou un panier garni de chez Moulinot ! On peut faire autrement. Regardez la Mutuelle des Motards, encore certes. D’un argument marketing "venez chez moi", elle en a fait un argument solidaire "venez chez moi, protégez vous mieux et aidez une association !". En effet, les sociétaires de la Mutuelle des Motards peuvent parrainer un conducteur de 2-roues et la mutuelle permet, au filleul comme au parrain de bénéficier d’un gain parrainage leur permettant de mieux s’équiper. Mieux protéger donc !
Et en plus, chaque parrainage entrainera également automatiquement le versement, par la Mutuelle, de 10 euros à Handicap Motards Solidarité (HMS), association permettant à des personnes atteintes de handicap d’accéder à la pratique du 2-roues.

Alors que j’écris ce billet, bien entendu, là encore, j’exerce mon droit à l’alternative. Il est écrit sur un logiciel libre, dans un environnement libre pour un site sous logiciel libre. Concrètement, j’utilise Firefox sous Linux Ubuntu pour la plateforme de blogs gérée sous Spip. J’ai désinstallé le windows,logiciel propriétaire, que j’avais sur le PC à l’achat [2] et installé Ubuntu, qui est un environnement graphique sous GNU / Linux. La philosophie d’Ubuntu, et par extension du libre, est "la volonté que le monde entier puisse équitablement profiter du logiciel, et pour ce faire, que tout utilisateur d’ordinateur puisse être libre de télécharger, d’utiliser, de copier, de distribuer, d’étudier, de partager, de modifier et d’améliorer le logiciel pour toutes utilisations sans payer de droit de licence. Il est stipulé aussi que l’utilisateur doit pouvoir choisir la langue dans laquelle il l’utilise et avoir l’opportunité d’utiliser le logiciel même s’il est handicapé". Si vous êtes curieux, mais réservé, tentez l’aventure Ubuntu par la cohabitation de votre windows et d’Ubuntu. Simple et pratique, vous serez conquis !

J’aurais pu continuer une longue liste sur les alternatives, mais le serveur aurait saturé. En tant que citoyen avec deux neurones en connexion, nous nous devons d’exiger des alternatives à chaque situation. Et parce que je suis un militant de l’économie sociale et solidaire, je dois exiger que l’ESS réponde à ce besoin d’alternatives. Et je me dois d’en faire la promotion, car ni la RSE, ni le concept d’entreprises citoyennes ne seront en capacité de réellement changer les choses pour la population.
Même si l’ESS n’est pas le monde des bisounours, j’y crois dur comme fer, mais ce sera un autre billet !


Vous faire plaisir ?

Après la Seconde Guerre mondiale, les élites économiques européennes, affaiblies par leur collaboration avec l’Allemagne nazie, doivent faire profil bas. Aux États-Unis, la peur du communisme paralyse la société. Pendant trente ans, des deux côtés de l’Atlantique, les classes moyennes vont profiter de cette situation et prospérer. Mais à la fin des « Trente Glorieuses », les libéraux sentent que l’heure de la revanche a enfin sonné.Pour imposer leurs idées, ils utilisent une arme rhétorique redoutable : TINA, le fameux acronyme thatchérien de « There is no alternative », qu’ils vont répéter et faire répéter par tous les médias jusqu’à ce qu’il soit entendu comme une vérité révélée. Il n’y a pas d’alternative au capitalisme, au marché, à la mondialisation, à la déréglementation financière, aux baisses de salaires, aux délocalisations, à la disparition des protections sociales, etc. Cette idéologie va infester les sociétés occidentales, provoquer le déclassement social du plus grand nombre et des profits gigantesques pour quelques-uns.Une oligarchie confisque alors le pouvoir. Mais quand la crise financière de la fin des années 2000 met en péril sa fortune et son patrimoine, l’État recouvre soudain toutes ses vertus. Ceux qui hier le vilipendaient réclament son secours à grands cris. Il n’y a pas d’alternative, il faut sauver les banques ! Et pour renflouer les pertes abyssales de l’économie de casino, ce sont encore les plus démunis qui seront rançonnés, à commencer par les salariés.Jusqu’à quand ?

Biographie de l’auteur : Agrégé d’économie, Bertrand Rothé est l’auteur de Lebrac, trois mois de prison ( Seuil, 2009). Romancier, cinéaste, Gérard Mordillat est notamment l’auteur de Rouge dans la brume (Calmann-Lévy, 2011).

ou encore

Le capitalisme prospère ; la société se dégrade. La croissance du profit s’accompagne de celle de l’exclusion. La véritable crise n’est pas celle du capitalisme, mais celle de la critique du capitalisme. Trop souvent attachée à d’anciens schémas d’analyse, la critique conduit nombre de protestataires à se replier sur des modalités de défense efficaces dans le passé mais désormais largement inadaptées aux nouvelles formes du capitalisme redéployé.Cette crise, Ève Chiapello et Luc Boltanski, sociologues, l’analysent à la racine. Ils tracent les contours du nouvel esprit du capitalisme à partir d’une analyse inédite des textes de management qui ont nourri la pensée du patronat, irrigué les nouveaux modes d’organisation des entreprises : dès le milieu des années 70, le capitalisme renonce au principe fordiste de l’organisation hiérarchique du travail pour développer une nouvelle organisation en réseau, fondée sur l’initiative des acteurs et l’autonomie relative de leur travail, mais au prix de leur sécurité matérielle et psychologique. Ce nouvel esprit du capitalisme a triomphé grâce à la formidable récupération de la « critique artiste » - celle qui, après Mai 68, n’avait eu de cesse de dénoncer l’aliénation de la vie quotidienne par l’alliance du Capital et de la bureaucratie. Une récupération qui a tué la « critique artiste ». Comme, dans le même temps, la « critique sociale » manquait le tournant du néocapitalisme et demeurait rivée aux vieux schémas de la production hiérarchisée, on la trouva fort démunie lorsque l’hiver de la crise fut venu. C’est à une relance conjointe des deux critiques complémentaires du capitalisme qu’invite cet ouvrage sans équivalent.


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[1Loin de là

[2J’aurais pu demander à l’avoir nu, mais en son temps, je ne l’ai pas fait


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A propos de Le blog de Guillaume
Ma formation initiale est un parcours supérieur dans les sciences humaines et le travail social, car je place l’humain au centre de toutes mes réflexions et souhaits d’agir.Retour ligne automatique Intéressé par l’insertion professionnelle à l’origine, mon intérêt pour le 19ième siècle et l’émergence (...)
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