mardi, 28 janvier 2020|

5 visiteurs en ce moment

 

Bertrand Cantat : atteinte au principe de justice ou opprobre permanente ?


Rappelons nous : Bertrand Cantat, chanteur du (merveilleux) groupe Noir Désir, tue par coups et blessures ayant entraîné la mort, Marie Trintignant il y a 15 ans. Les coups n’étaient pas les premiers, la situation d’alcool et de drogues facilitant, Marie Trintignant est une enième victime des violences conjugales.
Cantat a été condamné à 8 ans de prison, il en fera 4 pour cet acte.

Tout est là : drogues, alcool, coups, violence, répétitions de la situation, puis drame...
Aucune excuse ! Aucune circonstances atténuantes ! Il doit payer. La justice le condamne sans douceur...

Sa peine effectuée, Cantat retente de faire son métier. Chanter. Il remonte épisodiquement sur scène, avec d’autres, puis se relance. Et retrouve son public. Les anciens de Noir Désir ne repartent pas avec lui.
En ce moment, il tourne.
Le 13 mars, le chanteur était en concert à Belle Électrique, à Grenoble (Isère). Alors qu’une centaine de personnes s’étaient rassemblés pour protester contre sa venue, Bertrand Cantat aurait été au-devant de ses manifestants et aurait tendu la main, qu’elle aurait refusé. Cantat lui aurait alors pris la tête entre les mains – sans violence et lui aurait déposé un baiser sur le front. Cet acte aurait enclenché encore plus de mobilisations de la part des opposants.

Sous les huées, les projectiles, Cantat serait retourné faire son concert. Il a posté par la suite un message sur sa page facebook :

Ce message faisait lui même suite à un précédent dans lequel il exprimait son ressenti par rapport à son passé et son présent.

Depuis la mort de Marie Trintignant, je suis perplexe devant la situation. Je condamne cette violence envers sa compagne, dans ce contexte destructeur de drogues et d’alcool. Mais je crois en la justice des hommes, je crois en la punition juridique et je crois en la possibilité de réinsertion après la peine de prison.
Que Cantat vive avec ce souvenir, fasse de la prison, soit invectivé, ce sera son quotidien jusqu’à la fin de sa vie.
Que des personnes, animées par les meilleures intentions morales du monde, réclament la mise à mort professionnelle d’une personne questionne. Que des personnes se réclamant de valeurs humanistes et progressistes ne prennent pas en compte la décision de justice et la possibilité de réinsertion suite à une peine me questionne. Que des personnes de gauche ("Oser le féminisme" a été plutôt porté à l’origine par des gens très à gauche) puissent se poser en censeurs moralistes d’une oeuvre artistique, me questionne.
Et se questionner, accepter tout cela n’est pas faire offense à Marie Trintignant ou toutes les autres femmes battues par leur conjoint. Marie, et les autres, ne reviendront pas, elles sont définitivement mortes et plus dans leurs familles, alors que l’auteur est lui vivant et pourrait continuer à travailler. Oui, cela peut paraître injuste... Sauf à tomber dans la loi du Talion et abattre Bertrand Cantat.

Question trop grave pour la régler sur un billet de blog personnel, trop lourde pour avoir la prétention de la solutionner, mais le contexte me questionne au niveau de principes forts (justice, égalité, violence, couple, ...)...


Mon flux RSS Mon compte twitter Mon compte diaspora* Mon compte instagram Mon compte pinterest Mon compte linkedin Mon compte viadeo Mon blog pro

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Lien hypertexte

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)

 
A propos de Le blog de Guillaume
Ma formation initiale est un parcours supérieur dans les sciences humaines et le travail social, car je place l’humain au centre de toutes mes réflexions et souhaits d’agir.Retour ligne automatique Intéressé par l’insertion professionnelle à l’origine, mon intérêt pour le 19ième siècle et l’émergence (...)
En savoir plus »